Nationalisons les banques !


Le sauvetage de Fortis a coûté la bagatelle de 15,2 milliards d’euros (9,4 pour le rachat, 2,8 en action et prêts, plus trois en crédit-pont pour maintenir le holding à flot).

Pour cette modique somme, l’État belge a acquis à l’encan un portefeuille d’actions de Paribas qui vaut actuellement 3,5 milliards et a rapporté 365 millions en dividendes.

La bonne affaire ! Si l’on ajoute les aides à l’assureur Éthias, KBC, Dexia et la liquidation de son holding, nous approchons allègrement des 20 milliards investis dans des canards boiteux, voire moribonds.

Tiens, au fait, notre nouveau gouvernement cherche justement 13,8 milliards pour boucler son budget.

Pourtant il existait une solution moins onéreuse et, qui plus est, pouvait rapporter : la nationalisation !  Mais le mot semble devenu tabou.

Pourtant plusieurs économistes ont préconisé cette solution, à titre transitoire ou définitif, selon les opinions .

Si l’opération se voulait provisoire, les pouvoirs publics revendraient tout ou partie de la banque quand sa santé serait rétablie et ils empocheraient les bénéfices de l’opération.

Nous pouvons aussi imaginer un État banquier : rappelons que de nombreuses banques sont ou ont été publiques. Évidemment, il faudrait éviter de remettre des politiciens recyclés dans les conseils  d’administration.

En effet, pour quelles raisons racheter des entreprises menées à la faillite par des gestionnaires qui aiment jouer à la roulette russe avec un pistolet automatique ?

Ces gestionnaires prennent en effet des risques insensés car ils savent que ce seront les contribuables qui payeront leurs frasques dispendieuses, d’une manière ou l’autre.

Ils se fichent également de leurs employés, puisque lorsque tout capote, les « managers » sautent avec leur parachute doré sur un autre poste rémunérateur : « Après nous les mouches » comme ils semblent penser…

Et les pauvres actionnaires ? Premièrement, nous ne connaissons pas d’actionnaires vraiment pauvres, sinon ils n’auraient pu acheter leurs parts, même à crédit. Et nous supposons qu’ils auront diversifié leurs investissements,à moins d’être stupides on ne met pas tous ses œufs dans le même panier.

Certes, ils subiront une perte, mais c’est la dure loi du marché : investir en bourse suppose une prise de risques. Qu’ils assument leur mauvais placements.

La majorité de la population ne doit pas indemniser les erreurs d’une minorité de boursicoteurs. Et arrêtons de « nationaliser les pertes et de privatiser les bénéfices ».

Comme disait l’humoriste et mathématicien Alphonse Allais :  « Il faut demander plus à l’impôt et moins au contribuable ».

A propos d’Alphonse Allais qui fut aussi de son vivant un économiste de renom (puisque ses travaux sur ce point lui valurent le prix Nobel d’économie) ce dernier disait entre autres, ceci :

1) Les banques de dépôts gèreraient les fonds et les opération de leurs clients. Les comptes-courants ne comporteraient plus de ligne de crédit. Elle factureraient leurs services .

2) Les banques de prêts passeraient des emprunts à plus ou moins long terme et délivreraient des fonds pour des durées plus courtes ; le montant global prêté ne pourrait dépasser la somme des emprunts de l’institution. Ses ressources proviendraient de la différence des taux d’intérêts entre les emprunts à long terme et ses prêts à plus court terme.

3) Les banques d’affaires emprunteraient aux particuliers ou aux banques de prêts pour investir.

De cette manière, les « produits toxiques » seraient éliminés. Ceci signifierait la fin des jongleurs qui empruntent à court terme pour financer des investissements àlong terme ou pour jouer en bourse.

En tous les cas, nous devons imposer une solution structurelle qui empêche l’économie de fonctionner comme un casino.

Frédéric Kisters
Politologue-historien

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